Le tribulus terrestris est une plante souvent vendue comme un coup de pouce à la testostérone et à la libido. Les preuves restent minces : la plupart des essais menés chez l'homme ne montrent pas de hausse de testostérone. Voici ce qu'est cette plante, ce que disent réellement les études, quels risques connaître et comment l'aborder avec prudence.
Qu'est-ce que le tribulus terrestris ?
Le tribulus terrestris, aussi appelé croix de Malte, est une plante vivace reconnaissable à ses fruits épineux et à ses fleurs jaunes. Elle est utilisée depuis longtemps en médecine traditionnelle asiatique et africaine, à partir de ses fruits, de ses racines et de ses feuilles.
Aujourd'hui, on la retrouve surtout dans des compléments destinés aux sportifs et aux personnes en quête de tonus, avec une réputation de stimulant de la testostérone et de la libido. C'est une réputation, pas une démonstration, comme on le verra plus bas. Nutrimuscle propose un complément tribulus terrestris.
Les bienfaits attribués au tribulus
Certains sportifs en prennent dans l'espoir de gagner en performance, d'autres pour la libido. C'est l'usage le plus courant, et c'est aussi celui qui est le plus discuté.
Les saponines, les composés les plus étudiés de la plante, sont souvent citées pour expliquer ces usages. On leur prête aussi des effets sur l'équilibre hormonal, le cœur ou l'immunité. Ce sont des pistes de recherche : aucun de ces effets n'est démontré de façon solide chez l'humain, et le tribulus ne doit pas être présenté comme un traitement ou un moyen d'améliorer la santé cardiaque.
Les dangers potentiels du tribulus
Une prise excessive peut provoquer des reflux gastriques, des insomnies ou des palpitations. La plante peut aussi interagir avec certains médicaments ou certaines situations médicales, notamment cardiaques. En cas de traitement ou de pathologie, demandez l'avis d'un professionnel de santé avant de commencer.
Les essais cliniques récents n'ont pas rapporté d'effet indésirable, mais ils sont courts et peu nombreux. Il n'existe pas, à notre connaissance, d'étude de sécurité à court et long terme chez l'humain, et la teneur en actifs varie fortement d'un produit à l'autre.
Le tribulus est déconseillé dans les cas suivants :
- Grossesse et allaitement : par précaution, faute de données de sécurité
- Enfants et adolescents de moins de 16 ans : la plante n'est pas destinée à cet âge
- Antécédents de calculs biliaires : demandez d'abord l'avis de votre médecin
Les sportifs soumis aux contrôles antidopage doivent être particulièrement vigilants. Le tribulus ne figure pas parmi les substances interdites, mais des produits contaminés par des hormones, des anabolisants ou des stimulants non déclarés ont été signalés en Europe. Choisissez un produit dont la composition est transparente.
Efficacité du tribulus : que dit la science ?
Les preuves sont faibles et ne soutiennent pas l'image de « booster de testostérone ». Une revue systématique publiée en 2025 dans la revue Nutrients a analysé 10 études, soit 483 participants, avec des doses de 400 à 750 mg par jour pendant 1 à 3 mois (une seule étude utilisait une dose bien plus élevée).
Sur la testostérone, 8 études sur 10 n'ont montré aucun changement significatif. Seules 2 études ont observé une hausse d'environ 60 à 70 ng/dL de testostérone totale, chez des hommes qui présentaient un hypogonadisme, un gain que les auteurs jugent cliniquement modeste. Sur la fonction érectile, 3 études sur 5 ont rapporté une amélioration, uniquement chez des hommes concernés par des troubles légers à modérés. Les auteurs soulignent un niveau de preuve faible et un risque de biais élevé : ils concluent qu'il n'existe pas de preuve solide permettant de considérer le tribulus comme un stimulant de la testostérone.
Pour les sportifs, les études récentes ne montrent pas non plus de hausse de testostérone, de gain musculaire ni d'amélioration claire des performances. Les résultats positifs viennent de quelques petites études seulement.
Côté réglementation, le comité des plantes médicinales de l'Agence européenne des médicaments (EMA) indiquait en 2024, dans un projet de déclaration publique, qu'une monographie européenne ne pouvait pas être établie pour le tribulus : les données publiées ne permettent pas de démontrer un niveau de sécurité acceptable ni une efficacité reconnue.
Comment prendre le tribulus avec prudence ?
Il n'existe pas de posologie ni d'horaire de prise validés par la science. Dans les essais, les doses allaient de 400 à 750 mg d'extrait par jour, alors que les compléments du commerce varient beaucoup. Respectez la posologie indiquée sur l'étiquette du produit, sans la dépasser.
Si vous décidez d'essayer, commencez par une dose faible et observez comment votre corps réagit. Arrêtez en cas de gêne digestive, d'insomnie ou de palpitations, et demandez conseil à un médecin ou à un pharmacien. Le tribulus ne remplace ni une alimentation équilibrée, ni un suivi médical en cas de trouble de la libido ou de la fertilité.
Sources
EMA / HMPC, mai 2024 : projet de déclaration publique sur Tribulus terrestris L., herba
Verbraucherzentrale : Testosteron-Booster Tribulus, que peut vraiment la plante ?