La créatine est l'un des compléments les plus utilisés dans le sport. Elle est notamment connue pour son intérêt sur les efforts courts et intenses et pour sa capacité à augmenter les réserves musculaires de phosphocréatine.
Pourtant, une question revient régulièrement : la créatine est-elle considérée comme une substance dopante ?
La confusion peut sembler logique. La créatine augmente les réserves musculaires d'un composé impliqué dans la production d'énergie et peut améliorer certaines performances sportives. Mais cela ne suffit pas à en faire une substance interdite.
Alors, peut-on prendre de la créatine lorsque l'on pratique un sport soumis aux règles antidopage ? Est-elle interdite en compétition ? Peut-on être contrôlé positif après avoir consommé de la créatine ?
La réponse est claire : la créatine n'est pas une substance interdite par la réglementation antidopage actuelle.
Mais cette réponse mérite quelques explications, notamment parce qu'il existe une différence fondamentale entre complément améliorant les capacités physiques et substance dopante interdite.
- Qu'est-ce que la créatine ?
- Qu'est-ce qu'une substance dopante ?
- La créatine est-elle interdite ?
- Que dit l'Agence mondiale antidopage ?
- Peut-on être contrôlé positif à cause de la créatine ?
- Pourquoi la créatine améliore-t-elle les performances sans être dopante ?
- La créatine naturelle est-elle différente de la créatine en complément ?
- Les sportifs soumis aux contrôles antidopage peuvent-ils prendre de la créatine ?
- Le véritable risque : la contamination des compléments
- Comment choisir un complément de créatine ?
- Faut-il arrêter la créatine avant une compétition ?
- Créatine et dopage : les principales idées reçues
- Ce qu'il faut retenir
Qu'est-ce que la créatine ?
La créatine est une molécule naturellement présente dans l'organisme, principalement stockée dans les muscles sous forme de créatine et de phosphocréatine.
Elle est également apportée par l'alimentation, notamment via les produits d'origine animale.
L'organisme est lui-même capable d'en synthétiser à partir de plusieurs acides aminés.
Dans le muscle, la phosphocréatine participe à la régénération rapide de l'ATP, la principale monnaie énergétique utilisée par les cellules.
Ce système est particulièrement important lors des efforts courts et intenses, comme les séries de musculation, les sprints ou certaines phases d'efforts intermittents.
La supplémentation en créatine monohydrate permet d'augmenter les réserves musculaires de créatine et de phosphocréatine.
C'est cette augmentation des réserves qui explique une partie des effets observés sur les performances.
Qu'est-ce qu'une substance dopante ?
Le terme « dopage » ne signifie pas simplement « prendre quelque chose qui améliore les performances ».
Dans le sport organisé, le dopage est défini à partir de règles précises établies par le Code mondial antidopage.
L'Agence mondiale antidopage (AMA) publie notamment chaque année une Liste des interdictions qui répertorie les substances et méthodes interdites.
Une substance peut être interdite en raison de ses effets sur la performance, des risques qu'elle présente pour la santé ou parce qu'elle est considérée comme contraire à l'esprit sportif.
Le fait qu'un produit améliore les performances ne suffit donc pas à déterminer son statut antidopage.
La créatine est-elle interdite ?
Non.
La créatine n'est pas inscrite sur la Liste des interdictions de l'Agence mondiale antidopage.
Elle n'est donc pas considérée comme une substance interdite au sens de la réglementation antidopage.
Un sportif soumis au Code mondial antidopage peut donc utiliser de la créatine sans enfreindre les règles antidopage simplement en consommant ce complément.
La créatine n'est pas interdite :
- à l'entraînement ;
- en compétition ;
- dans les sports soumis au contrôle antidopage.
Il n'est donc pas nécessaire d'arrêter la créatine simplement parce qu'une compétition approche.
Que dit l'Agence mondiale antidopage ?
L'Agence mondiale antidopage publie la Liste des interdictions qui définit les substances et méthodes interdites dans le sport.
Cette liste est régulièrement actualisée et constitue la référence pour les sportifs soumis aux règles antidopage.
La créatine n'y figure pas.
Il faut cependant faire une distinction importante : l'absence d'une substance de la Liste des interdictions ne signifie pas qu'elle ne peut jamais poser de problème dans un contexte sportif.
Le principal risque lié aux compléments alimentaires vient notamment de leur composition réelle et de la possibilité de contamination ou de présence d'ingrédients non déclarés.
Peut-on être contrôlé positif à cause de la créatine ?
La créatine elle-même n'est pas à l'origine d'un contrôle antidopage positif.
Elle n'est pas une substance interdite recherchée comme telle dans le cadre d'un contrôle antidopage.
En revanche, un complément alimentaire peut contenir d'autres substances que celles indiquées sur son étiquette.
C'est ce point qui mérite l'attention des sportifs soumis aux contrôles.
Un produit mal contrôlé peut notamment être contaminé lors de sa fabrication ou contenir volontairement ou accidentellement une substance interdite.
Le risque ne vient donc pas de la créatine en elle-même, mais potentiellement de la qualité ou de la composition du complément utilisé.
Pourquoi la créatine améliore-t-elle les performances sans être dopante ?
C'est probablement l'une des principales raisons pour lesquelles la confusion persiste.
La créatine est bien associée à une amélioration de certaines performances physiques.
La supplémentation augmente les réserves musculaires de phosphocréatine et peut améliorer la capacité à produire des efforts courts et intenses.
Elle peut notamment être intéressante dans les activités comprenant :
- des efforts répétés à haute intensité ;
- des séries de musculation ;
- des sprints ;
- des mouvements explosifs ;
- des efforts intermittents.
La créatine peut également contribuer à améliorer les adaptations à l'entraînement lorsqu'elle est associée à un programme adapté.
Mais améliorer une performance ne signifie pas automatiquement être dopant au sens réglementaire.
La distinction essentielle
De nombreux éléments peuvent améliorer les performances sans être interdits : l'entraînement, le sommeil, l'alimentation, l'hydratation, la récupération ou encore certains compléments alimentaires autorisés.
Le sport de haut niveau repose d'ailleurs en partie sur l'optimisation de ces différents facteurs.
La créatine appartient à cette catégorie de compléments autorisés.
La créatine naturelle est-elle différente de la créatine en complément ?
La créatine présente dans un complément alimentaire n'est pas une substance fondamentalement différente de celle présente naturellement dans l'organisme.
La créatine monohydrate utilisée dans les compléments est une forme de créatine largement étudiée.
Une fois consommée, elle rejoint le métabolisme de la créatine de l'organisme.
La distinction « créatine naturelle » contre « créatine artificielle » est donc trompeuse lorsqu'on parle de son statut antidopage.
Ce qui compte pour le sportif est la composition réelle du produit et son statut réglementaire, pas le fait que la créatine soit consommée via un aliment ou un complément.
Les sportifs soumis aux contrôles antidopage peuvent-ils prendre de la créatine ?
Oui, la créatine peut être utilisée par les sportifs soumis aux règles antidopage.
Elle est notamment utilisée par des sportifs pratiquant des disciplines dans lesquelles les contrôles antidopage peuvent être réalisés.
Son utilisation ne constitue pas une violation des règles antidopage.
Mais les sportifs soumis au contrôle doivent adopter une approche plus rigoureuse vis-à-vis de l'ensemble de leurs compléments alimentaires.
En effet, selon le principe de responsabilité objective du Code mondial antidopage, le sportif est responsable de toute substance interdite retrouvée dans son échantillon, même lorsque sa présence n'était pas intentionnelle.
Cette règle explique pourquoi le choix des compléments alimentaires mérite une attention particulière chez les sportifs contrôlables.
Le véritable risque : la contamination des compléments
Lorsqu'un sportif utilise des compléments alimentaires, la question la plus importante n'est donc pas nécessairement « ce complément est-il dopant ? », mais plutôt :
« Puis-je être certain de ce que contient réellement le produit ? »
La fabrication des compléments alimentaires implique différentes matières premières, installations et étapes de production.
Une contamination croisée peut théoriquement survenir lorsqu'une substance utilisée dans une même installation n'est pas correctement maîtrisée.
Des ingrédients interdits peuvent également être présents dans certains produits sans être clairement déclarés.
Pour un sportif soumis au contrôle antidopage, cela représente un risque beaucoup plus concret que la créatine elle-même.
Pourquoi choisir un complément contrôlé ?
Les sportifs soumis aux règles antidopage ont intérêt à privilégier des produits dont la fabrication et la qualité font l'objet de contrôles rigoureux.
Certaines certifications spécifiques permettent notamment de réduire le risque de présence de substances interdites dans les compléments.
Il reste toutefois important de vérifier le statut actuel du produit et de la certification utilisée.
Aucune marque ne devrait être considérée comme automatiquement sûre simplement parce qu'elle commercialise des produits pour sportifs.
Comment choisir un complément de créatine ?
Pour un sportif soumis aux règles antidopage, plusieurs critères peuvent être pris en compte.
1. Choisir une formule simple
Une créatine monohydrate avec une liste d'ingrédients courte permet notamment de savoir précisément ce que l'on consomme.
Il n'est pas nécessaire d'ajouter de nombreux ingrédients à la créatine pour bénéficier de ses propriétés.
2. Vérifier la traçabilité
La qualité des matières premières et la traçabilité du produit sont particulièrement importantes pour les sportifs soumis au contrôle.
3. Rechercher une certification antidopage lorsque cela est pertinent
Certains programmes de certification indépendants sont spécifiquement conçus pour tester les compléments alimentaires vis-à-vis de substances interdites.
Ils peuvent constituer un niveau de sécurité supplémentaire pour les sportifs concernés.
4. Conserver les informations du produit
Un sportif peut avoir intérêt à conserver les informations relatives au produit consommé : emballage, numéro de lot, facture et composition.
Cette précaution permet notamment de conserver une trace des produits utilisés.
Faut-il arrêter la créatine avant une compétition ?
Non, pas pour des raisons antidopage.
Puisque la créatine n'est pas interdite, il n'est pas nécessaire de l'arrêter avant une compétition dans le but d'éviter un contrôle positif.
La créatine fonctionne d'ailleurs principalement grâce à l'augmentation progressive des réserves musculaires.
Une prise régulière est donc généralement plus pertinente qu'une consommation ponctuelle juste avant un événement.
Arrêter la créatine quelques jours avant une compétition n'est donc pas une stratégie antidopage.
Et si l'on veut éviter une variation de poids ?
La supplémentation en créatine peut entraîner une augmentation du poids corporel chez certaines personnes, notamment en raison d'une augmentation de l'eau stockée dans les muscles.
Dans certaines disciplines à catégories de poids, ce paramètre peut être pris en compte dans la stratégie du sportif.
Cette question relève toutefois de la gestion de la performance et du poids de compétition, pas d'un problème de dopage.
Créatine et dopage : les principales idées reçues
« La créatine est interdite en compétition »
Faux. La créatine ne figure pas sur la Liste des interdictions de l'Agence mondiale antidopage.
« Si elle améliore les performances, c'est forcément du dopage »
Faux. L'amélioration des performances n'est pas le seul critère permettant de déterminer si une substance est interdite.
De nombreuses stratégies permettant d'améliorer les performances sont parfaitement autorisées.
« La créatine peut rendre un contrôle antidopage positif »
La créatine elle-même n'est pas une substance interdite.
Le risque pour un sportif contrôlé vient davantage de la possibilité qu'un complément soit contaminé ou contienne une substance interdite non déclarée.
« Il faut arrêter la créatine avant une compétition »
Faux pour des raisons antidopage.
Il n'est pas nécessaire d'arrêter la créatine pour éviter un contrôle positif.
« La créatine est un stéroïde »
Faux.
La créatine n'est pas un stéroïde anabolisant. Il s'agit d'un composé naturellement présent dans l'organisme et impliqué dans le métabolisme énergétique musculaire.
Créatine et dopage : ce qu'il faut vérifier avant tout
Pour la grande majorité des pratiquants, la question du dopage ne se pose pas lorsqu'ils consomment de la créatine monohydrate.
Pour les sportifs soumis à des contrôles antidopage, en revanche, la vigilance doit porter sur l'ensemble de la chaîne de consommation.
Il faut notamment vérifier :
- la composition du complément ;
- la traçabilité des matières premières ;
- la qualité du fabricant ;
- la présence éventuelle d'une certification adaptée ;
- les éventuelles mises à jour des règles antidopage.
La Liste des interdictions étant actualisée régulièrement, un sportif soumis au contrôle antidopage doit toujours se référer aux sources officielles en vigueur.
Ce qu'il faut retenir
- La créatine n'est pas une substance dopante interdite.
- Elle ne figure pas sur la Liste des interdictions de l'Agence mondiale antidopage.
- Les sportifs soumis aux règles antidopage peuvent donc consommer de la créatine.
- Le fait que la créatine améliore certaines performances ne suffit pas à en faire une substance interdite.
- La créatine n'est pas un stéroïde anabolisant.
- Il n'est pas nécessaire d'arrêter la créatine avant une compétition pour éviter un contrôle positif.
- Le principal risque pour un sportif contrôlable concerne davantage la contamination ou la présence non déclarée de substances interdites dans certains compléments.
- Privilégier des produits traçables et, lorsque cela est pertinent, certifiés par un programme indépendant peut réduire ce risque.
- La réglementation antidopage évolue : les sportifs concernés doivent toujours consulter les sources officielles à jour.
La créatine améliore certaines capacités physiques, mais elle n'est pas pour autant une substance dopante. Elle est autorisée par la réglementation antidopage actuelle. Pour les sportifs soumis aux contrôles, la vigilance doit surtout porter sur la qualité et la traçabilité des compléments utilisés.
Sources officielles et scientifiques
- World Anti-Doping Agency (WADA). Prohibited List – International Standard.
- World Anti-Doping Agency (WADA). World Anti-Doping Code.
- Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD). Liste des substances et méthodes interdites.
- Kreider RB, Kalman DS, Antonio J, et al. International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicine. Journal of the International Society of Sports Nutrition. 2017.
- Antonio J, Candow DG, Forbes SC, et al. Common questions and misconceptions about creatine supplementation: what does the scientific evidence really show? Journal of the International Society of Sports Nutrition. 2021.
- Maughan RJ, Burke LM, Dvorak J, et al. IOC consensus statement: dietary supplements and the high-performance athlete. British Journal of Sports Medicine. 2018.